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L'insertion des "plus fragiles"
 
Le recentrage des politiques d’emploi visait et vise toujours la recherche d’une meilleure efficience des dispositifs d’insertion professionnelle. En renforçant leur cœur de métier sur l’accès à l’emploi, il s’agit de mieux répartir les rôles entre les acteurs de l’insertion professionnelle – en charge de l’emploi et ceux de l’insertion sociale – en charge des problématiques sociales des publics.
L’objectif est double : la spécialisation de chacun est gage d’efficacité, la meilleure répartition des rôles évite les financements multiples.
 
Cette approche est cependant rendue délicate pour les publics les plus fragiles. Ces derniers combinent tout à la fois de multiples freins sociaux ou encore de santé et des freins professionnels limitant considérablement leur retour à l’emploi.
Endettement, logement, faiblesse du niveau de formation et de la qualification, illettrisme, difficultés de santé, isolement social, troubles du comportement… Il ne s’agit plus de « résoudre » une à une ces difficultés. Lorsque ces dernières se combinent ensemble, elles forment une véritable trappe à exclusion.
 
La complexité de l’accompagnement de ces publics est ainsi une gageure pour les politiques publiques en matière d’insertion.  
Le cloisonnement des dispositifs et des financements constitue de fait un véritable frein à l’accompagnement des publics les plus fragiles : à la lisière de dispositifs différents, entre insertion professionnelle et insertion sociale, entre actions de l’Etat et des Collectivités locales, a qui appartient –il de conduire des actions auprès de ces publics, à qui appartient-il de les financer ?
 
Sur le terrain, tous les opérateurs vous parleront de ces personnes, jamais majoritaires mais toujours présentes, recherchant un travail mais bien trop éloignées d’un parcours d’emploi classique et pour lesquels ils manquent de relais. Ces personnes constituent bien souvent un public que l’on tente de réorienter au mieux vers des dispositifs plus adaptés. Mais lesquels ?  L’expression de publics « renvoi de balle » devient alors une réalité par défaut de solutions.
N’ayant pas de handicap reconnu, ils n’ont pas accès aux structures de travail protégé, cumulant trop de difficultés sociales, les dispositifs d’accompagnement vers l’emploi ne peuvent les prendre en charge, lorsqu’inscrits à Pôle Emploi, ils restent durablement au chômage. Les structures d’Insertion par le Travail et notamment les Chantiers d’Insertion peuvent dans une certaine mesure les accompagner mais la contrainte de leurs propres fonctionnements économiques, la limite des deux années de parcours d’insertion, la coordination renforcée et complexe avec les dispositifs sociaux font que cet accès est extrêmement limité. Peu de chantiers d’insertion aujourd’hui n’ont aucun critère de sélection à l’entrée.
Pourtant, de façon paradoxale, toutes les solutions existent aujourd’hui : les associations du handicap ont su constituer une offre aux adultes en âge de travailler évolutive selon leur degré d’autonomie, tant en termes de travail, d’hébergements que de vie sociale riche d’enseignements. Les dispositifs liés à l’exclusion sont en place : ateliers à la vie active (AVA) utilisant le travail comme première insertion sociale,  insertion par le travail, accès au logement…  Mais les financeurs multiples, les conditions réglementaires d’entrée, la réalité de l’offre font que pour ce public tributaire d’une coordination renforcée, il est difficile de répondre aux statuts nécessaires pour y accéder.
 
Il convient aujourd’hui de s’interroger : Quels sont les critères de leur reconnaissance par les pouvoirs publics ? Combien ces personnes sont-elles exactement aujourd’hui ? Qui est chargé de les recenser ? Quel est leur coût social ? Quels dispositifs sont les plus adaptés au regard de leurs besoins – et non de la réglementation régissant l’accès à ces dispositifs ?
L’intégration sociale et professionnelle des publics les plus fragiles est non seulement un impératif en matière de régulation sociale – au fondement de l’action des pouvoirs publics auprès des plus démunis mais elle est également le témoin de son fonctionnement efficient, justement recherché par la RGPP.
De fait, la capacité des acteurs de la Cité à intégrer ces personnes n’est-elle pas le révélateur d’une juste vigilance face aux besoins, d’une réelle efficacité des dispositifs et d’une gouvernance adaptée comme d’un climat social serein ?
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